Analogique Chronologique Au hasard
Samedi 9 février 2008 | Le tiers indifférent, le feu

  Un Hymne à la paix (16 fois), dernière séquence, 16 - de paix commune.
  Le tiers indifférent : la nature.
  Comme en 15, construction régulière en quatre fois quatre et première séquence, quatre accords plaqués : ouverture, horizon (ce que chacune de ces voix sait). Deuxième : pardonner, ne pas pardonner ; troisième : matière ; quatrième : jardiner (les quatre voix ensemble).
  Tout au long de l’écriture ces derniers jours, relecture des quatorze précédents, ça tient ; c’est cela aussi qui donne la sensation qu’on est en fin.

  Émission Terre à Terre de Ruth Stegassy sur France Culture ce matin : Alain Gras, Le Choix du feu, Fayard, 2007 ; Jean-Claude Besson-Girard, revue Entropia.
  La thèse d’Alain Gras : la révolution industrielle a fait le choix du feu – la machine à vapeur, l’électricité, le gaz, etc. – toutes formes d’énergie reposant sur des ressources non renouvelables. À chaque fois qu’on soulève cette question, je ne peux m’empêcher de penser, c’est un automatisme, aux mines de charbons fermées en France, la dernière vers 2004 (rapide recherche, la société « Charbonnages de France » liquidée le 31 décembre 2007, c’est pour ça peut-être cette rêverie ? – nationalisation de 1946, autre fin de l’après-guerre : non par assassinat légal et privatisation mais par épuisement des ressources naturelles), nous avons été témoins, nous savons ce que « épuisement » veut dire, et si nous n’y avons pas prêté plus d’attention, si nous n’avons pas fait cérémonies avec youyous, exclamations de deuil, habits noirs, n’est-ce pas signe de notre propre épuisement ? ou anesthésie comme à l’égard de tout ce qui touche de près ou de loin le monde ouvrier ? –
  Changement de trajectoire, avant cette révolution les quatre éléments (eau, air, terre, feu) utilisés en parts égales, et un interdit sur le feu, cet interdit levé, la légende de Prométhée oubliée – ou plutôt non, sa leçon, l’interdit du feu, oubliée, la légende réinterprétée, l’emportement romantique l’emporte sur toute autre considération, la transgression, la promesse de puissance contenue dans la transgression – et cette promesse par calcul thermodynamique chiffrée.
  Cette révolution non fatale ; il était possible de continuer avec l’air, l’eau, continuer de les perfectionner – c’était en cours.
  La hâte l’a emportée.
  Le pillage l’a emporté.
  Pourrait ne plus l’emporter.
  Il espère de la crise une prise de conscience et de nouvelles constructions, nouveau changement de trajectoire, vies autour d’énergies locales, renouvelables, etc.
  La liste de ceux qui espèrent prises de conscience et changements de l’effondrement en cours s’allonge chaque jour.
  Il y a là grande illusion. Trop d’espoir en la conscience, voile pudique sur les violences ploutocrates, espoir qu’ils abandonnent sans qu’on ait davantage à se battre que par livres et journaux. Férocité de ceux qui tiennent le manche. Ils ne le lâcheront pas d’eux-mêmes, malgré tout le soin qu’ils mettent à leur propre ruine.



Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après, effondrement jour après jour.
Quelques-unes de mes sources.