Analogique Chronologique Au hasard
La Nasse
  Il n’y a pas de création ni de liberté sans aller, de toutes les manières possibles, à la rencontre du public.
  La Nasse est un poème ; la poésie et la prose, toutes sortes de poésies, y sont frottées l’une contre l’autre. Le lecteur se trouve ainsi dans autant de situations à plusieurs faces, à démêler. Ne serait-ce que parce qu’inventer, renouveler les façons de voir, c’est aussi créer de nouvelles situations de lecture, mêler les plaisirs, s’autoriser tous les sujets, changer les relations d’auteur à lecteur, de langue à langue.
  Oui, il y est question d’argent. C’est Zola qui l’a dit : l’argent a créé les lettres modernes. Pour les enchaîner ? Ou pour les libérer ? Poètes, artistes, êtes-vous vraiment sûr qu’il faille rêver de mécènes et sponsors ? Nous, nous préférons l’autonomie.
  Un poème didactique ? Pas sûr.
  Édité par Rüdiger Fischer, traduit en allemand par lui, en italien par Fabio Scotto, en anglais par Cid Corman, La Nasse se présente au lecteur en doubles pages de quatre colonnes, langues confrontées.
  C’est Anouk Sendrowicz qui en a assuré la direction artistique et qui m’a fait rencontrer Benoît Jacques - qui a dessiné la première et la quatrième de couverture, et qui a gravé pour les exemplaires de tête une nasse dont on sort.
  François Bon en a publié un extrait, la quatrième partie (Sortir) sur remue.net. Cette même quatrième partie, publiée par Andrea Raos, sur nazioneindiana.
  Les quatre langues furent jouées dans une mise en scène de Mariette Lancelevée. J’en ai fait de nombreuses lectures et suis toujours désireux d’en faire ; plus que jamais d’actualité en période de démantèlement des politiques culturelles.
  Écrit alors que j’étais en train de terminer Une Anthologie - et ces deux textes entretiennent de nombreux rapports.