Analogique Chronologique Au hasard
La Nasse
 Il n’y a pas de création ni de liberté sans aller, de toutes les manières possibles, à la rencontre du public.
 La Nasse est un poème ; la poésie et la prose, toutes sortes de poésies, y sont frottées l’une contre l’autre. Le lecteur se trouve ainsi dans autant de situations à plusieurs faces, à démêler. Ne serait-ce que parce qu’inventer, renouveler les façons de voir, c’est aussi créer de nouvelles situations de lecture, mêler les plaisirs, s’autoriser tous les sujets, changer les relations d’auteur à lecteur, de langue à langue.
 Oui, il y est question d’argent. C’est Zola qui (...)
Les productions les plus autonomes...

Première laisse de la troisième partie, moment où se trouve cette image de la nasse qui donnera son titre au poème dans son ensemble.
Les citations, en italiques, sont extraites de Libre-échange, l’ouvrage dont on rend compte.


III, 1

les productions les plus autonomes
sont dépourvues de marché et ne peuvent se passer
de l’aide publique.


Allons ! le public
jamais ne serait valeureux ?
L’élite
impunément pourrait
se baptiser elle-même
élite ?

Regardez les artistes, braves poissons
à la recherche de pitance
de reconnaissance surtout
et pourquoi pas celle du filet, du pêcheur,
de la poêle pleine de tomate et de piment ?

Ils appellent cela pudiquement "un public"
mais ajoutez : « qui ne me dise pas non
quand je brame solitude, trouvaille, génie,
Art, œuvre, mon œuvre, moi ! »

Ils vont se mettre en sécurité
dans un lieu où tout est organisé,
où la table est mise et la glose surabondante
sur les modèles à suivre ou désuivre.

La conclusion va de soi :
les entreprises culturelles
ne peuvent exister et subsister
que grâce à des fonds publics.


Ainsi ils sont allés eux-même, d’une nageoire ferme,
"car c’est la règle du jeu"
dans la nasse
où il n’y a d’autres qu’eux
et ceux qui partagent
leur cinéma.

Doux poissons, fallait-il vraiment aller là
dans la main de l’État ?
N’y avait-il pas pitance à chercher ailleurs
dans l’océan, et mettre le sonar,
comprendre l’eau, les algues, le passage des vagues,
les courants, la vie des gros et des petits poissons ?



La Nasse, IV, 2, C’est l’argent (...) qui a délivré l’auteur (...)
La Nasse, IV, 3, Nous irons où nous voudrons, librement
Lire la quatrième partie de La Nasse sur remue.net.

Restent quelques exemplaires de la première édition chez verlag Im Wald / éditions En Forêt.

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BdeCdeLaNasseVerlagImWald

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